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“Désormais, ce qui ne peut se mesurer compte peu !” Cet axiome définit-il l’ordre des priorités dans la gouvernance par les nombres ? L’égalité au travail en fait-elle partie ?

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© PHOTOPQR/VOIX DU NORD/FLORENT MOREAU ; 05/03/2020 ; Lille, le 05.03.2020. Manifestation contre l’utilisation du 49.3 dans le cadre de la réforme des retraites et pour l’égalité salariale.

Dans l’ouvrage collectif  : Quantifier l’égalité au travail, Outils politiques et enjeux scientifiques, aux Presses Universitaires de Rennes, les sociologues Soline Blanchard, maîtresse de conférences à l’université Lumière Lyon 2 et Sophie Pochic, directrice de recherche au CNRS (EHESS/ENS) montrent au travers des diverses contributions, à la fois toute l’importance de la production de chiffres dans le dénombrement des inégalités et l’importance de cette production “au cœur des luttes féministes et des politiques du genre”. Du Québec à la Suède, de l’Angleterre au Danemark, les enquêtes de terrain et les témoignages permettent de dresser un tableau comparatif.

Le domaine du travail apparaît comme un terrain privilégié pour l’analyse des enjeux de quantification de l’égalité. L’égalité professionnelle constitue en effet, avec la lutte contre les violences faites aux femmes la matrice des politiques du genre en France et elle offre une perspective historique de longue durée.

En France, s’intéresser au Rapport de Situation Comparée (RSC) de 1983 à 2015 à la récente mise en place du nouvel Index d’égalité salariale, c’est comprendre l’histoire de ces batailles de chiffres, l’évolution des indicateurs, les progrès enregistrés en terme d’égalité et les choix politiques qui ont été retenus.

Avec Sophie Pochic, notre invitée, nous ouvrons la “boîte noire” de la négociation salariale et nous nous saisissons de ses indispensables outils quantitatifs !

S’en saisir, mais aussi en créer, c’est être en capacité d’analyser de manière critique les dites politiques, c’est aussi déconstruire les discours managériaux, et c’est enfin outiller, au sens propre du terme, celles et ceux qui luttent, syndicalistes et/ou militant.es féministes, pour qu’advienne cette égalité “réelle”.

Hugues CHEVARIN