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L’Euro 2021 démarre ce vendredi 11 juin, et sur Le Chantier, nous ouvrons la série sur le football en accueillant Kévin Veyssière, rédacteur et créateur du média FC Geopolitics. La rédaction vous propose une lecture de cette compétition à travers le prisme de la géopolitique.

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BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE / MAXPPP

L’Euro, aussi appelé le championnat d’Europe des nations comptait à sa création 17 pays participants. Aujourd’hui 55 pays se rencontrent tous les 4 ans sur le gazon. Une compétition imaginée par Pierre Delaunay, et qui au fil de l’Histoire a vu sa formule évoluée.

En discutant avec notre invité, Kévin Veyssière, rédacteur et créateur du média FC Geopolitics, on comprend l’impact de la géopolitique sur le football et vice versa. Avec lui on revient sur des périodes charnières de l’histoire de l’Europe.

« Le cas qui va être intéressant au niveau de l’Euro 92 c’est l’exclusion de la Yougoslavie », relate cet amateur de football. « Des guerres vont avoir lieu dans cette fédération de république. La Slovénie, la Croatie et la Bosnie vont déclarer leur indépendance. La république de Serbie, au sein de la Yougoslavie, n’est pas d’accord et va bombarder la Bosnie, cela va entraîner des sanctions de la part de l’ONU vis-à-vis de la Yougoslavie ». Des conflits géopolitiques entraîneront donc l’exclusion de la Yougoslavie à l’Euro 92.

Le terrain de foot permettrait donc prendre le pouls de notre monde actuel. Entre la crise sanitaire, celle de Crimée ou encore le Brexit, à entendre Kévin Veyssière, la bataille ne s’arrête pas à la sortie du terrain.

« Un autre match qui peut avoir son importance […] c’est un match de phase de groupes où l’Angleterre et l’Écosse s’affrontent. Et cette bataille d’Angleterre, cette bataille du Brexit peut avoir son importance surtout si l’Écosse la remporte. » Il poursuit, « si cette équipe nationale s’affirme en tant que telle, et est victorieuse, cela peut être un accélérateur pour l’indépendance de l’Écosse. »

Autre rencontre possible qui serait loin d’être anodine si elle avait lieu ; celle entre la Russie et l’Ukraine. Les relations diplomatiques entre ces deux pays se sont assombries avec l’annexion de la péninsule ukrainienne de la Crimée par la Russie.

« Aujourd’hui, il n’y a plus de matchs entre la Russie et l’Ukraine. Pour cette compétition, ils se retrouvent dans les phases de groupes et s’ils se qualifient ils peuvent très bien se rencontrer. »

Et plus généralement, quelle place donne-t-on au foot ?

« Le football a un petit peu remplacé les guerres, maintenant il y a peut-être moins de guerre mais plus de batailles sportives sur le terrain et c’est vrai que c’est un ersatz à la guerre et ça permet de montrer les nationalismes entre différents pays. »

Il est loin le temps où l’Euro était censé adoucir les tensions au sein du continent. On aurait presque envie de dire à l’arbitre de siffler « faute ».

Alexis Cautin